Simplifiez, simplifiez, simplifiez. (H.D. Thoreau)

mardi 2 novembre 2010

Trek 4 jours solo Vercors mai 2010 1er jour


Il s'agissait de ma première randonnée d'inspiration mul (marche ultra légère), merci à tous les acteurs du site www.randonner-leger.org pour leurs conseils, mon sac s'est encore allégé depuis (mon portefeuille aussi...).

A l'occasion d'un stage dans la Drôme chez "les barjos d'en face", un autre site davantage orienté survie en milieu naturel (CEET … http://www.davidmanise.com ), Auquel se rendait un pote.. J'ai répondu à l'appel du Destin...big_smile et profité de sa voiture (Une vraie opportunité pour nous autres, pauvres parisiens loin des montagnes...).

J'avais quelques idées (fixes) en tête.

Remonter jusqu'à l'entrée du canyon des Erges, où j'avais calé en raquettes et, de nuit en mars dernier, par un temps plutôt froid pour la saison (trek non mul http://phil75014.blogspot.com/2010_03_01_archive.html). Je voulais comprendre pourquoi j'avais calé là et voir cet endroit de jour... En outre cela me permettait d'explorer ma "terra incognita" en Vercors : La partie entre le pas de la ville et le canyon des Erges.


L'autre idée étant, de grimper le Grand Veymont, pile 20 ans après une première ascension (spécial dédicace à Alexandre Dumas pour son roman éponyme)...

Je suis donc parti fébrile, pour remonter sur ces plateaux que j'adore et qui m’envoûte depuis bientôt un quart de siècle (sic). Je suis toujours ému quand je pose mon regard sur ce massif magnifique. J'y suis revenu de très nombreuses reprises à pied surtout, mais aussi en VTT, en ski, en raquette et même en planeur, avec des compagnons et des compagnes différentes, C'est donc aussi mon parcours de vie que je contemple quand je suis là bas. L'introspection est encore accrue par la randonnée en solo. hmm

Allez, je reviens sur du factuel...

J1 (Samedi 22 mai) Romeyer – Col des Bachassons – Cabane des Aiguillettes.


Départ du parking de Romeyer vers 9h (où mon pote avait son stage), je prends le sentier qui longe le torrent au sein du ravin des Charoses, chemin qui mène sur les plateaux par le col des bachassons. Il fait très beau et c'est une météo de printemps à montrer dans toutes les écoles de météo de printemps. C 'est un jaillissement (on comprend mieux pourquoi en anglais, le printemps se dit spring...même mot que pour une source, enfin je m'égare). Le paysage est superbe, c'est le Diois, des paisibles collines colorées avec en arrière fond les falaises découpées du Vercors. Le sac se fait léger sur le dos, malgré la provision d'eau et la nourriture pour 4 jours. La température est idéale pour marcher et je progresse rapidement. C'est également ma première randonnée avec deux bâtons de marche, l'effort est davantage réparti et le risque de chute amoindri, c'est prodigieux (comment j'ai pu passer à coté de ça aussi longtemps…).


Une heure plus tard, ça grimpe tranquillement, je ne suis pas encore au pied des falaises. Je suis intrigué par ça, Faut dire qu'à Paris, on n'en voit pas beaucoup des comme ça…

chenilles processionnaires

Par contre des comme ça…à toutes les saisons il y en a plein . J'en possède une également.

Chenilles processionnaires parisiennes (nettement plus urticantes au toucher ! mortelles même parfois)


Mais, je m'égare, un comble ! Reprenons notre bonhomme de chemin…

La pente se virilise (sic wink ), ça devient plus dur (forcement… smile ), il va falloir prendre 700 m de dénivelé en bien peu de kilomètres de sentier... A mi pente, et pendant une courte pause de reprise de souffle, je croise des hollandais avec des sacs à la journée, a moins que ce ne soit des randonneurs xul ?, ils me font comprendre que je ne suis pas au bout de mes peines, hmm je ne vois pas la pertinence de ce genre de remarque mais bon...le batave est moqueur. roll

Le chemin passe au dessus du décrochement, sur la gauche.

De là c'est limpide…


Après quelques égarements dans le pierrier de la partie finale du col, partie que je trouve plutôt impressionnante, enfin pour moi en tout cas et oui pas pour le pape…je suis seul je vous le rappelle. J'entre sur le plateau, le paysage change radicalement. Il est aux alentours de midi.


De là, le Grand Veymont au loin s'offre à mes yeux. Je le trouve assez menaçant et totalement inaccessible. Il reste encore pas mal de neige au dessus des 2000 mètres. Je refais de l'eau à la fontaine du col des Bachassons... et je marche encore une petite heure, je croise quelques groupes que je trouve très chargés (déformation mul, ils ont simplement des sacs normaux smile ) .Le ciel est franchement couvert...Il fait assez chaud, avec beaucoup de vent, et quelque gouttes de pluie. Après avoir trouvé un beau spot en surplomb du pas de Chabrinel, avec une jolie vue (assez facile), sans vent (déjà plus dur) je me fais chauffer un petit plat,et un cafos.


Le Grand Veymont


Je chemine jusqu'à la cabane de Pré Peyret, c'est un petit détour, mais j'en profite pour reprendre (emprunter ?) de l'eau à la fontaine des endettés (comme quoi la crise ne date pas d'hier...). J'essaye de gérer mon eau au mieux, toujours une marge mais suivant l'itinéraire et la fréquence des sources, ça évite toujours un peu de poids. Je me remets en route vers le Grand Veymont par

la carrière romaine puis,


la plaine de la Queyrie au paysage mélancolique.


Où j'ai pu faire quelques photos de marmotte,


Les arbres se font plus rares et sans que cela monte férocement, je gagne de l'altitude. Au sommet du col, se révèle à moi un nouveau paysage : Le grand Veymont, le petit Veymont et le sommet du mont aiguille. Le temps est couvert et le sommet du grand Veymont est dans les nuages.


la température a radicalement changé par rapport à la matinée en plaine. Les champs de neige sont bien présents par ici et je continue ma marche d'approche vers le grand Veymont avec un vent bien frais. J'escompte bivouaquer vers la cabane des aiguillettes, histoire d'avoir une solution de replis en cas de météo franchement hostile. Il fait quand même assez froid pour la saison.

Cabane des Aiguillettes (au centre de l'image, en plein dans un champ de neige), et le Mont Aiguille en arrière plan.

Je croise quelques groupes et je cherche en vain avec un autre randonneur, la source du pas des bachassons qui est encore complètement enfoui sous la neige. La descente par ce pas vers Gresse en Vercors, doit être encore bien délicate avec cet enneigement. Si la source n'est pas accessible, la neige encore bien présente, ressemble plus à de la glace pilée qu'à de la neige gorgée d'air, très facile à faire fondre. Le vent souffle et après avoir hésité, je fini par trouver un endroit plat (difficilement), à l'abri du vent (impossible), avec une jolie vue (facile), à proximité d'un champ de neige pour faire de l'eau. Je suis un peu fatigué de cette première journée. (Belle étape et bon dénivelé et la nuit précédente a été courte). J'installe mon tarp en demi tipi, (Je me suis concentré sur l'apprentissage de ce montage que je trouve le plus protecteur et c'est seulement la troisième fois que je monte cette toile…il faut bien un début...).

Penser à me faire rémunérer par ArkLight Design pour la pub pour son Xtarp. tongue


Je l'installe bien sous le vent. Une fois ceci réalisé, c'est chouette, le vent a bien chassé les nuages, et le sommet se dégage, la vue est magnifique...par contre le vent a tourné... et le tarp est quasi face au vent...ça claque un peu, mais le vent tourne encore ... clairement l'endroit est idéal pour la vue, mais pas assez à l'abri du vent…tant pis, je le laisse comme ça, et j'en profite pour diner. Après un bon petit plat lyophilisé, je grimpe une colline et je vais voir le coucher de soleil sur les plateaux et c'est très beau (copyright Coluche…). Il fait froid, surtout avec ce vent. Je suis aux alentours de 2000 m, j'ai bonnet, tee shirt, micro polaire, polaire windshell.

Vivifiant



Je vais me coucher, et passe une assez sale nuit à cause des claquements de la toile, je préfère éviter les bouchons antibruit en bivouac, surtout seul.

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